Les effets du stress sur notre cerveau

LEES
31/10/2022
LEES
31/10/2022
Une journée sans stress ? Impossible de l'imaginer pour certains. Que ce soit dans nos activités professionnelles, sociales ou à la maison.

Pour beaucoup d’entre nous, il est difficile d’imaginer une journée sans stress. Cela se produit tout au long de notre journée, venant de notre vie professionnelle, de notre vie à la maison et parfois même de notre vie sociale. Il n’est pas rare de se sentir désorganisé et tête en l’air lorsque nous sommes soumis à beaucoup de stress.

Bien que certains niveaux de stress semblent être une partie inévitable de la vie moderne, il existe des effets néfastes importants sur la santé globale de notre cerveau. A long terme, le stress peut en fait modifier votre cerveau d’une manière qui affecte votre mémoire.

Regardons d’un peu plus près ce que la science nous a dit à ce sujet avec 6 effets surprenants du stress sur notre cerveau.

1. Avec le stress, la structure de votre cerveau est modifiée

Dans notre cerveau, nous avons la matière grise et la matière blanche.

La matière grise est composée de neurones et de cellules non myélinisées. Et, elle est en grande partie responsable d’actions telles que la prise de décision et la résolution de problèmes. Elle entoure la matière blanche, qui est constituée d’axones recouverts d’une matière grasse blanche appelée myéline. Ces cellules myélinisées relient entre elles d’autres régions du cerveau, facilitant la communication. La matière blanche est responsable de la coordination du potentiel d’action dans notre cerveau.

Lorsque notre cerveau subit un stress chronique, la composition de la myéline dans notre substance blanche est modifiée. En effet, les chercheurs ont observé que la production de myéline augmente alors que les neurones de notre matière grise diminuent. Cela crée un déséquilibre dans la communication, entraînant des choses comme une prise de décision plus lente ou la résolution de problèmes.

Ainsi, il peut également avoir un impact direct sur l’amygdale et l’hippocampe, conduisant à des humeurs volatiles. Ces changements peuvent être durables, et dans certains cas, permanents.

2. Le stress rétrécit votre cerveau

Sachez que même chez les personnes en bonne santé, le stress peut entraîner un rétrécissement des zones du cerveau associées à la régulation des émotions, du métabolisme et de la mémoire.

Alors que les gens associent souvent des résultats négatifs à un stress soudain et intense créé par des événements qui affectent considérablement leur vie (un accident de voiture, la mort d’un être cher, …), les chercheurs suggèrent que c’est le stress quotidien qui peut contribuer à un large éventail de troubles mentaux.

Dans une étude menée à l’Université de Yale, les chercheurs ont examiné les informations fournies par 100 participants en bonne santé sur des événements stressants de leur vie.

Et, les résultats montrent que l’exposition au stress, même très récent, entraîne un rétrécissement de la matière grise dans le cortex préfrontal, région liée à la maîtrise de soi et aux émotions.

De plus, il semblerait que l’exposition à un facteur de stress psychosocial aigu au moment de la neurogenèse réduise le nombre de cellules cérébrales nouvellement générées dans l’hippocampe.

La neurogenèse correspond l’ensemble des processus nécessaire lors de la formation d’un neurone dans notre cerveau. L’hippocampe est l’une des régions du cerveau fortement associées à la mémoire, aux émotions et à l’apprentissage. C’est également l’une des deux zones du cerveau où la neurogenèse, donc la formation de nouvelles cellules cérébrales, se produit tout au long de la vie.

Dans une étude menée par des chercheurs de l’Université de Médecine et Science Rosalind Franklin, les chercheurs ont découvert qu’un seul événement de stress social peut réduire la survie des neurones nouvellement formés et même les détruire sur le long terme.

Attention ! Car cette étude a été réalisée sur des rats adultes.

De jeunes rats ont été soumis à un épisode aigu de stress social. Ils ont été placés dans une cage pendant une durée de 20 minutes avec des rats plus âgés. Le traumatisme subi par l’agression des résidents plus matures révéla des niveaux de cortisol 6 fois plus élevés que des jeunes rats n’ayant pas vécu de rencontre sociale stressante.

Bien que les jeunes rats soumis au stress avaient généré le même nombre de nouveaux neurones que ceux n’ayant pas subi de stress, un examen plus approfondi montra qu’une semaine plus tard, il y avait une réduction marquée du nombre de cellules nerveuses.

Bien que l’expérience montre que le stress ne semble pas influencer la formation de nouveaux neurones, il pourrait avoir un impact sur la survie ou non de ces cellules.

Mais même si ces résultats semblent étonnants, nous ne savons pas vraiment si le stress réduit la survie de nos cellules cérébrales. Car, il s’agissait d’une expérience réalisée sur des rongeurs et non sur l’être humain. Afin de pouvoir confirmer ces résultats, d’autres études s’imposent, en particulier sur l’être humain.

3. Le stress augmente la vulnérabilité aux maladies mentales

Ainsi, le stress chronique peut entraîner une série de problèmes par la suite. Le chercheur et psychologue Dr Kaufer a montré que la modification de la structure de la matière blanche dans votre cerveau peut entraîner un cerveau résilient ou très vulnérable aux maladies mentales.

Le stress, de manière générale, dans votre cerveau est en fait le résultat d’hormones. Lorsque nous expérimentons ce que nous appelons le stress, notre cerveau libère l’hormone du stress, le cortisol.

Le cortisol n’est pas mauvais en soi. Car il fait partie de notre cycle veille-sommeil ainsi que de notre système nerveux sympathique ou de notre réponse au combat ou de fuite.

Le problème est lorsque nos niveaux de stress restent constamment élevés. Cela signifie une libération presque constante de cortisol qui perturbe de nombreux domaines différents de la fonctionnalité normale du cerveau, tels que l’interruption de notre capacité à s’endormir et à rester endormi, à interférer avec la libération de produits chimiques de bien-être dans notre cerveau et à perturber la communication synaptique.

La combinaison de ces effets peut entraîner de l’anxiété, de la dépression, des troubles de stress post-traumatique (TSPT ou PTSD) et autres troubles mentaux. D’ailleurs, les médecins et chercheurs ont observé que les personnes souffrant de trouble de stress post-traumatique ont bien des anomalies cérébrales, y compris des déséquilibres de la matière grise et blanche.

4. Le stress perturbe votre concentration et votre attention

Le stress par petites rafales peut réellement aider à améliorer notre concentration et notre capacité à être attentif sur un sujet. Lorsque nous subisssons un stress, notre cerveau libère de petites quantités d’adrénaline. Cela, en plus du cortisol, nous donne l’énergie dont nous avons besoin pour nous atteler et faire avancer les choses. Avez-vous déjà eu une poussée face à une échéance ? C’est le combo de puissance au travail.

Le problème survient lorsque nous subissons un stress en grande quantité pendant de longues durées.

Au bout d’un moment, notre cerveau se fatigue. Nous avons besoin de niveaux plus élevés d’hormones qui nous ont donné ce coup de pouce initiale. Et, notre cerveau ne peut pas les produire aux niveaux dont nous aurions besoin.

Au fur et à mesure que nous nous fatiguons, notre concentration et notre attention commencent à s’estomper. Plus nous essayons de forcer notre attention sur une tâche, plus nous commençons à ressentir du stress.

Par conséquent, nous avons tendance à tomber dans un cycle où nos hormones de stress augmentent mais notre cerveau a du mal à réagir.

5. Le stress affecte notre mémoire

De nombreuses études ont été menées pour comprendre le lien entre le stress et la mémoire.

La recherche suggère que lorsque nous subissons un stress léger ou modéré, notre cerveau libère des corticostéroïdes. Ceux-ci signalent à l’amygdale de communiquer avec l’hippocampe. Ce duo prend alors les informations et les encode avec des émotions, ce que aident à consolider la mémoire. Ceci est particulièrement vrai lorsque le stress survient immédiatement avant l’apprentissage. La mémoire peut ainsi être améliorée.

Mais, lorsque notre cerveau est inondé d’hormones pendant des durées prolongées, cela perturbe ces voies de communication et peut potentiellement endommager l’hippocampe. Et, cela rend difficile la formation de nouveaux souvenirs.

En effet, le stress chronique a un impact négatif sur la mémoire spatiale, soit la capacité de se rappeler les informations, l’emplacement des objets dans l’environnement ainsi que l’orientation spatiale.

De plus, il a été directement lié au déclin de la mémoire à court terme et à des problèmes de récupération et de rétention de la mémoire.

Puisque les chercheurs ont montré que l’exposition au stress altère la récupération de la mémoire chez les enfants. Et, qu’il a un impact direct sur l’apprentissage, ainsi que sur d’autres fonctionnalités cognitives. En fait, le stress perturbe la communication entre l’hippocampe et le cortex préfrontal, qui est responsable de la récupération de la mémoire. C’est pourquoi nous avons tendance à avoir « un blanc » dans les situations de stress élevé.

Enfin, le stress interfère avec nos cycles de sommeil.

C’est-à-dire lorsque la mémoire passe du court terme au long terme. Sans un sommeil sain, nos souvenirs ne peuvent pas entrer dans nos magasins à long terme et nous les perdons. 

6. Le stress augmente nos réponses émotionnelles

Le stress est directement lié à notre système nerveux sympathique, déclenchant notre réflexe de combat ou de fuite. Lorsqu’il fonctionne normalement, nous pouvons prendre des décisions plus rapidement, utiliser le sursaut d’énergie pour accomplir notre tache et avoir des niveaux de concentration plus élevés. Et parce que ce réflexe est souvent déclenché lorsque nous avons peur ou que nous sommes menacés, l’amygdale est un élément clé de notre réponse au stress.

L’amygdale est le lieu où beaucoup de nos réponses émotionnelles ont lieu, y compris la peur, la colère et l’anxiété. Le stress chronique renforce en fait l’amygdale en alimentant constamment cette réaction de peur et d’anxiété.

Le stress augmente également l’activité de notre cortex préfrontal ventromédial, la zone impliquée dans la cognition émotionnelle.

Cela peut alors renforcer nos peurs, réduisant les apports des domaines cognitifs les plus logiques. De plus, il réduit la sérotonine dans notre cerveau, ce qui nous empêche de réguler notre humeur.

Pour Conclure

Le stress à petites doses est un élément précieux de notre système nerveux sympathique. Il est lié à notre réflexe de combat ou de fuite et nous aide à prendre des décisions plus rapidement et plus efficacement.

Cependant, le stress chronique peut nuire à notre santé mentale ainsi qu’à notre santé cérébrale globale. Il est important d’être conscient de la façon dont le stress peut avoir un impact sur notre concentration, notre processus de pensée et notre humeur afin que nous puissions travailler sur des moyens d’atténuer le stress dans notre vie quotidienne.

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